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À l'origine, l'étude de la Torah se transmettait oralement. Des Sages et des érudits, dont les plus éminents étaient appelés Talmidei Hakhamim avant d'être nommés Rabbanim (voir Semikha), élaboraient et débattaient de questions de loi juive, discutant de la Torah et des autres livres de la Bible hébraïque (dont ils auraient fixé le canon vers -450) sans bénéficier d'autres sources écrites que les livres bibliques eux-mêmes, la consignation par écrit de la loi orale faisant l'objet d'un interdit. La plus ancienne méthode d'étude et d'enseignement rabbiniques semble avoir été fondée sur les midrashim, dans lesquels des discussions halakhiques étaient structurées sous forme de commentaire exégétique de la Torah écrite ou Pentateuque. Cette situation changea drastiquement du fait de la destruction du Second Temple de Jérusalem, centre de la vie juive, en 70, et du bouleversement des normes juives sociales et légales. Les Rabbanim devant faire face à une nouvelle réalité — un judaïsme ayant perdu son Temple, une Judée ayant perdu sa capitale et son autonomie, mais un enseignement continuant, grâce à sa nature orale, à s'amplifier malgré un nombre de disciples décroissant —, ils durent adapter leur enseignement. C'est au cours de cette période qu'une forme alternative, organisée par thème plutôt que par verset, devint dominante, aux alentours de l'an 200, époque à laquelle Rabbi Yehouda HaNassi (Juda le Prince) compila la Mishna (משנה).
Sources : fr.wikipedia.org
La Mishna (משנה) est une compilation d'opinions et de débats sur la loi. Son nom signifie « répétition » ou « enseignement » ; il est dérivé de la racine hébraïque shanah (שנה), qui possède ces deux significations. Ce nom pourrait faire référence à la méthode de mémorisation orale des discours rabbiniques. La Mishna est écrite dans un style direct, souvent laconique, rapportant brièvement les opinions des Sages, le plus souvent des Rabbanim, débattant d'un sujet ; elle présente parfois un simple décret anonyme, représentant apparemment un consensus. Il arrive qu'elle rapporte un incident ou une anecdote dont les conclusions ont également force de loi, ou sont le départ d'une nouvelle discussion. Les docteurs de la Mishna sont appelés Tannaim (pluriel de Tanna תנא, le ת se substituant au ש en judéo-araméen). Comme elle présente ses lois par ordre thématique plutôt que selon celui des versets de la Bible, la Mishna s'étend sur des sujets individuels plus longuement que ne le fait le Midrash, et inclut une plus grande sélection de sujets halakhiques que lui. Son organisation topique est donc devenue le cadre de travail du Talmud. La Mishna consiste en six ordres (héb. סדרים sedarim, pluriel de seder). Chacun de ces six ordres contient entre sept et douze traités, appelés massekhtot (pluriel de massekhet מסכת ; litt. « toile »). Chaque massekhet est divisée en chapitres (peraqim) composés d'un nombre variable d'articles, appelés mishnayot (pluriel de mishna, avec une minuscule en français pour la distinguer du grand-œuvre).
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Tous les traités mishnaïques ne possèdent pas forcément une Guemara correspondante. De plus, l'ordre des traités dans le Talmud peut différer de celui qui avait été établi dans la Mishna, lorsqu'un traité a été jugé plus important qu'un autre. Les six sedarim de la Mishna sont, par ordre : Zeraïm (« Graines »), onze traités, qui traitent des prières et bénédictions, de la dîme, et des lois concernant l'agriculture ; Moëd (« Festivals »), douze traités, qui exposent les lois du chabat et des fêtes ; Nashim (« Femmes »), sept traités, qui concernent le mariage, y compris le mariage lévirat, le divorce, certaines formes de vœux et les lois du nazirite ; Nezikin (« Dommages »), dix traités, qui traitent des lois civiles et criminelles, du fonctionnement des tribunaux et des serments, Kodashim (« Choses saintes »), onze traités qui se rapportent aux rites sacrificiels, au Temple, et aux lois alimentaires ; Taharot ou Tohorot (« Pureté »), douze traités qui se penchent sur les lois de pureté rituelle.
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Outre la Mishna, les Tannaim ont produit d'autres travaux concomitamment, ou peu après. La Guemara se réfère fréquemment à ces ouvrages ou à des citations de ceux-ci afin de les comparer avec ceux que la Mishna a retenus, et afin d'appuyer ou d'infirmer les positions de tel ou tel docteur de la Guemara. De telles sources tannaïtiques non mishnaïques sont appelées baraïtot (lit. « matériel extérieur », « œuvres externes à la Mishna » ; pluriel de baraïta ברייתא). La Baraïta inclut la Tosefta, un compendium tannaïtique de halakhot parallèles à la Mishna; les midrashim halakhiques, en particulier la Mekhilta, les Sifra et Sifre ; des œuvres comme la Meguilat Taanit ; et d'autres qui sont seulement connues que par des citations dans le Talmud.
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